Page:Rodenbach - L’Élite, 1899.djvu/261

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toute une salle d’un déploiement d’enfants et de figures heureuses ; une autre encore, terminée, pour la décoration d’une villa à Évian, qui constitue un délicieux ensemble : plafond, panneaux de salle à manger, portes, et trumeaux — sans compter une série de merveilleuses sanguines par quoi M. Chéret s’affirme directement en filiation avec les maîtres du xviiie siècle.

Toujours des Fêtes Galantes, des jubilés de joie, où des groupes d’apothéose s’enlacent et se désenlacent.

Le Gilles de Watteau se croyait perdu en ce siècle morose, et en exil puisqu’il n’était pas comme les autres… Il n’est plus seul. Il en a retrouvé qui lui ressemblent. Un autre Watteau s’occupe de lui. Et il y a encore des pâtés succulents, des feux blancs qui ne sont plus ceux du clair de lune, mais s’en rapprochent… Lumières électriques, douces quand même, et qui lui laissent sa pâleur un peu verte, à laquelle il tient… Les Colombines l’aiment ainsi… Car les Colombines aussi sont revenues, innombrables maintenant. Elles dansent des sarabandes autour de lui. Elles l’attachent avec des chaînes de roses. Tout tourne. Est-ce à cause du vin trop blond ?… Ou des cheveux blonds aussi ? Est-ce de suivre la ronde infinissable en ce plafond qui feint d’être ovale mais l’entraîne quand même, et entraîne les Colombines et les entraîne tous, en