Page:Rodenbach - La Jeunesse blanche, 1913.djvu/188

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NÉNUPHAR


 
Sur le canal, parmi des herbes otieuses,
Un nénuphar vit en exil, comme étranger,
Mais si plein, dirait-on, de choses précieuses
Qu’il se tient coi sur l’eau trouble et n’ose bouger.
Ah ! cet air blanc de Première Communiante,
Cet air de guimpe close aux doux plis tuyautés
Et ces linges plus intimes, jamais ôtés,
Dont l’adhérence stricte est certe anémiante
Mais le font presque un peu plus vierge et sans péché !
Nénuphar : chair candide et qui n’est pas nubile,
Corps dont rien ne s’avère en la robe immobile,
Nénuphar tout pieux et tout endimanché