Page:Rodenbach - Le Règne du silence, 1901.djvu/25

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IV

Mon âme, tout ce long et triste après-midi,
A souffert de la mort d’un bouquet, imminente !
Il était, loin de moi, dans la chambre attenante
Où ma peur l’éloigna, déjà presque engourdi,
Bouquet dépérissant de fleurs qu’on croyait sauves
Encor pour tout un jour dans la pitié de l’eau,
Gloxinias de neige avec des galons mauves,
Bouquet qui dans la chambre éteignait son halo
Et se désargentait en ce soir de dimanche !
Mon âme, tu souffris et tu t’ingénias
À voir ta vie, aussi fanée et qui se penche,
Agoniser avec ces doux gloxinias.