Page:Rodenbach - Le Règne du silence, 1901.djvu/62

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III

L’eau vivante vraiment et vraiment féminine
Aime le ciel, comme en un hymen consenti,
Reflétant ses couleurs-et sans nul démenti !
Car, pour lui correspondre en tout, elle élimine
Les choses qui pourraient mitiger son reflet,
Et soi-même s’oblige à rester incolore.
Quel émoi douloureux si le vent éraflait
Ce cristal où le ciel lointain trouve à s’enclore,
Infidèle miroir désormais nul et nu !
Il est des jours dans cet amour tout ingénu,