Page:Rodenbach - Le Règne du silence, 1901.djvu/63

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Dans cet amour du ciel et de l’eau, des jours tristes
Où le ciel gris dans l’eau se retrouve si peu ;
Puis d’autres où l’eau gaie absorbe tout son bleu,
Bleu de mois de Marie et de congréganistes,
Mais c’est le soir surtout que devient mutuel
Leur amour, à l’heure où l’eau pâmée et ravie
Brûle des mêmes feux d’étoiles que le ciel !

Lors plus rien n’est dans eux qui les diversifie.
Ressemblance ! Miracle inouï de l’amour
Où chacun est soi-même et l’autre tour à tour…
Or, dans l’assomption de la lune opportune,
— Comme l’amour de deux amants silencieux,
Pour se prouver, se réciproque dans leurs yeux, —
On voit le ciel et l’eau se renvoyer la lune !