Page:Rodenbach - Le Règne du silence, 1901.djvu/67

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Mensonge équivalent d’un œil cher, d’un œil beau
Qu’on voudrait habiter comme une source tiède
Où l’azur sans limite irait à l’infini.
Mais le voyage aussi dans cet œil n’est qu’un leurre,
Car derrière l’iris au cristal aplani
L’amour naïf, qui plonge au fond, soudain s’épeure,
Se heurte et se fait mal à la froideur du cœur,
Dont le néant si proche est une vasque étroite.

Et dire qu’on rêvait tout un ciel en langueur
Et pour s’y dorlotter des nuages de ouate.