Page:Rodenbach - Le Règne du silence, 1901.djvu/72

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VIII

Les jets d’eau, tout le jour, disent des élégies ;
C’est la forme la moins consolable de l’eau,
Car elle porte haut dans l’air ses nostalgies,
Montant et retombant sous son propre fardeau…
Tristesse des jets d’eau qui sont de l’eau brandie ;
Mais nul n’entend leur mal et rien n’y remédie,
Jets d’eau toujours en peine, impatients du ciel !
Las ! L’azur défia leur sveltesse de lance,
Symbole édifiant d’une âme qui s’élance
Et pulvérise au vent son sanglot éternel.