Page:Rodenbach - Le Règne du silence, 1901.djvu/82

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XIII

L’eau triste des canaux s’est désaccoutumée
De refléter le noir passage des vaisseaux
Quand l’hiver l’a figée et l’a comme étamée ;
Mais parfois, certains jours, le dur sommeil des eaux
Sans mirages en lui de la vie en allée,
S’évapore ; on dirait un recommencement
Et que l’eau, d’un air vague, encore un peu dormant,
Sort comme d’une alcôve aux rideaux de gelée.
Ô nudité de l’eau dans le réveil de soi !
Reprise des devoirs de la vie affligeante !