Page:Roland Manon - Lettres (1780-1793).djvu/419

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les possibles, je ne pourrai te revoir aussi qu’après Pâques ; j’ai déjà grande envie de m’en rapprocher en couchant à Paris ce soir ; tous nos gens y retournent ; j’entretiendrai connaissance avec M. Faucon, bonhomme qui va chaudement et qui peut beaucoup en mille circonstances ; avec M. de Ville, dont l’honnêteté m’a fait voir la première âme parmi tous les visages que j’ai rencontrés dans ce pays ; avec M. Collart, fort ordinaire, mais qui se trouve en place et peut obliger. Voilà tout ce que j’ai gagné. Adieu, mon bon ami, je t’expédierai celle-ci de Paris en te disant un mot de mon retour.


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[À ROLAND, À AMIENS[1].]
Jeudi saint, [8 avril 1784], à 7 heures, — [de Paris].

J’ai passé la journée d’hier à courir pour nos amis[2] ; le matin, j’avais été avec M. d’Antic à la Congrégation où il souhaitait extrêmement que je pusse mettre sa sœur, à cause de mes connaissances, à cause du voisinage du Jardin du Roi, à cause de la liberté d’y faire sa cuisine, de vivre à son ménage, etc. On nous donna des espérances, j’y retournai l’après-midi : point de place pour l’heure, pas de moyen d’en faire[3]. Je suis allée dans dix maisons : même chose ou conditions si chères qu’il est impossible d’y passer pour notre demoiselle qui, après avoir été maîtresse d’une maison agréable, est aujourd’hui réduite aux moyens les plus bornés. Le pauvre frère était venu me trouver le matin : son cœur s’est brisé dans mon sein, nous avons pleuré ensemble ; je lui ai fait prendre

  1. Ms. 6239, fol. 30-21.
  2. Le père de Bosc était mort le 4 avril 1784 (voir ms. 6241, fol. 264. lettre de Lanthenas à Roland, de ce jour-là).
  3. C’est probablement pour cette affaire que Sainte-Agathe écrivit à Madame Roland le billet suivant, dont nous conservons l’orthographe : « Ma bien aimée. — Il nai pa possible que je toblige cette fois sy, il nia ni selule ni la moindre chause a espéré presantement. Sy notre mère naitoit obligé daler à l’office, elle torait écri un maut. Elle te fait mil compliment. Ellet fachez de ne pouvoir t’oblige. — Adieu, ma très-chère, je tanbrasse mil foi. » (Papiers Roland, ms. 6241, fol. 285.)