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Page:Rolland - L’Âme enchantée, tome 3.djvu/82

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Garder le calme eût valu mieux. Mais il touchait au plus sensible. Elle s’emporta, cria :

— Assez !

Marc s’étonna :

— Pourquoi ?

— On ne joue pas avec ces choses-là !

L’autre, narquois :

— On ne fait que ça !

— On meurt pour ça !

— Ah ! j’oubliais que tu es du temps où on les gobait. Je te demande pardon.

— Je ne te le donne pas, dit Annette, dont la violence montait. Cesse tes ironies !

— C’est ma façon d’être sérieux, dit Marc.

Il avait le regard mauvais, un sourire pincé au coin des lèvres. Il continua :

— Et je te ferai observer que je rends hommage à ces choses-là…

(Il soulignait.)

— C’est ce que je ne te pardonne pas, dit Annette. Ces choses, leur Dieu, leur foi, je n’y crois pas. C’est un malheur. Mais je respecte ceux qui y croient. Et quand je les vois qui rusent et trichent avec leur foi, — cette foi que je n’ai pas, je serais prête à la défendre ; je souffre pour elle. Marc dit :

— Tu as du temps à perdre. Il est plus pratique de se servir d’elle. Elle est une force, comme la