Page:Rostand - Cyrano de Bergerac.djvu/59

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(Il le met de côté et en prend un autre. Au moment d’y mettre les pâtés, il lit.)

Pas celui-ci !…« Le blond Phœbus… » Pas celui-là !

(Même jeu.)


Lise, impatientée.

Eh bien ! qu’attendez-vous ?


Ragueneau.

Eh bien ! qu’attendez-vous ?Voilà, voilà, voilà !

(Il en prend un troisième et se résigne.)

Le sonnet à Philis !… mais c’est dur tout de même !


Lise.

C’est heureux qu’il se soit décidé !

(Haussant les épaules.)

C’est heureux qu’il se soit décidé !Nicodème !

(Elle monte sur une chaise et se met à ranger des plats sur une crédence.)


Ragueneau, profitant de ce qu’elle tourne le dos, rappelle les enfants déjà à la porte.

Pst !… Petits !… Rendez-moi le sonnet à Philis,
Au lieu de trois pâtés je vous en donne six.

(Les enfants lui rendent le sac, prennent vivement les gâteaux et sortent. Ragueneau, défripant le papier, se met à lire en déclamant.)

« Philis !… » Sur ce doux nom, une tache de beurre !…
« Philis !… »

(Cyrano entre brusquement.)

Scène III

RAGUENEAU, LISE, CYRANO, puis LE MOUSQUETAIRE.



Cyrano.

« Philis !… »Quelle heure est-il ?


Ragueneau, le saluant avec empressement.

« Philis !… »Quelle heure est-il ?Six heures.


Cyrano, avec émotion.

« Philis !… »Quelle heure est-il ?Six heures.Dans une heure !

(Il va et vient dans la boutique.)


Ragueneau, le suivant.

Bravo ? J’ai vu…


Cyrano.

Bravo ? J’ai vu…Quoi donc !