Page:Rouleau - Légendes canadiennes tome II, 1930.djvu/114

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


« Pendant ce temps-là, mon grand-père Jean Godin et Pierre Léveillé dirigeaient leur chaloupe vers le fort Jacques-Cartier.

— Père Godin, lui dit Louison, permettez-moi d’interrompre ici votre intéressant récit et de vous poser une simple question.

— Je la connais, ta question, tu voudrais savoir comment il se fait que nos deux amis se soient évadés de la citadelle et que nous les retrouvions à l’entrée de la rivière Jacques-Cartier, tout près de l’endroit où nous sommes ce soir.

— C’est cela. On dirait que vous êtes sorcier.

— C’est une curiosité bien naturelle de ta part ; aussi je m’empresse de te donner tous les renseignements possibles de cette évasion extraordinaire.

« Après la retraite de Lévis, le général Murray prit la résolution de monter à Montréal avec sa flotte ; mais, comme le général anglais n’avait pas en mains une carte du Saint-Laurent et qu’il ne connaissait pas le chenal de notre grand fleuve, dont la navigation est très dangereuse sur cette route, il chercha un pilote pour conduire son escadre jusqu’à Ville-Marie, mais il n’en trouva pas. Son embarras était donc grand, lorsqu’il pensa aux deux prisonniers de la citadelle, c’est-à-dire à mon grand-père Jean Godin et à son ami Pierre Léveillé ; il donna aussitôt l’ordre de les conduire à bord du vaisseau-amiral et de les amener devant lui.

« Une demi-heure plus tard, nos deux amis,