Page:Rouleau - Légendes canadiennes tome II, 1930.djvu/133

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encore je fus victorieux. Il m’offrit ensuite à boire ; je refusai, ne faisant pas ou peu usage de boisson. Il insista ; j’en pris pour ne pas le désobliger, et, comme il remplissait mon verre à mesure, je trouvai le moyen d’en verser à terre sans qu’il en eût connaissance. Fatigué et sentant que le sommeil me gagnait, je lui demandai la permission de me retirer. Il y consentit avec empressement et me conduisit tout de suite au lit après avoir barré ma porte ; précaution que je considérais comme inutile. Je sommeillais depuis peu, lorsque je crus entendre quelqu’un qui cherchait à ouvrir ma porte. Je demande :

« — Qui est là ? »

« Pas de réponse. Je répète :

« — Qui est là ? »

« — C’est moi, répond le docteur ; je venais vous inviter à prendre un verre. »

« Je lui dis que j’en avais assez, que j’étais fatigué et que je voulais dormir. Il me dit « Bonsoir » et partit.

« Me rappelant vos paroles, je me sentis quelque peu inquiet et m’habillai. Je me jetai sur mon lit et sentis que le sommeil me gagnait malgré moi. Quelque temps après, je crois entendre quelqu’un dans la chambre voisine. On avance avec précaution, il me semble. On écoute à ma porte ; on me demande :

« — Dormez-vous ? »

« Je ne réponds pas. On demande de nouveau :

« — Dormez-vous ? »