Page:Rouleau - Légendes canadiennes tome II, 1930.djvu/134

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« Je garde le silence. Alors on tourne la poignée de ma porte ; on travaille, et enfin on commence à forcer la porte. C’est assez, je fais un bond, j’ouvre la fenêtre, saute en bas, et me voici. »

Cela, ajouté à la disparition du colporteur Guillemette et de Beaujeu, décide M. Gagnon à agir. À sa demande, vingt-deux bons citoyens veulent bien l’aider à arrêter le meurtrier, comme on l’appelle maintenant.

On savait le docteur méfiant, résolu et capable de faire un mauvais parti à ceux qui tenteraient de l’arrêter, s’il eût soupçonné leur but. Voici ce qui fut résolu. Mme Gagnon relevait d’une maladie assez grave. Il n’y avait pas de lune ; la nuit s’annonçait noire et désagréable ; la maison du docteur pouvait, dans ces circonstances, être approchée sans qu’il en prît connaissance, surtout en le faisant avec précaution et à l’ombre des arbres et des touffes de lilas. On se tiendrait en embuscade et prêt à porter secours à M. Gagnon lorsqu’il donnerait le signal convenu. Lui arriverait en voiture à grande vitesse, et demanderait au docteur de l’accompagner auprès de Mme Gagnon, qui était supposée avoir eu une rechute.

La chose se fit telle que convenue ; mais le docteur, en réponse à M. Gagnon, ouvrit une fenêtre d’en haut et, malgré les instances de M. Gagnon, il refusa de l’accompagner, disant qu’il avait un rhume et ne se sentait pas bien. Après bien des instances,