Page:Rouquette - L'Antoniade, 1860.djvu/177

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PRIÈRE.
à
marie immaculée.

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Vierge, pleine de grâce, entre toutes bénie,
Égide de la foi, bouclier du génie ;
Toi par qui sur la terre arrivent tous les dons,
L’intarissable flot des célestes pardons ;
Vierge, type idéal de la femme angélique,
Objet immaculé d’un culte hyperdulique,
Lys royal qu’on vit naître à l’ombre du saint-lieu,
Marie, Eve sauveur, fille et mère de Dieu !
Marie, ô douce Reine, ô la clémence même,
J’inscris ton nom suave au seuil de mon poème ;
J’implore, à mon début, ton virginal concours ;
Du fleuve de mes vers, forme et guide le cours.
Pour appeler sur moi ton regard qui protège,
Je pose un front brûlant sur tes deux pieds de neige !
Du feu, pris sur l’autel, touche ma lèvre en feu,
Et dans l’homme embrasé répands l’esprit de Dieu !
Pour qu’il puisse enfanter son poème ascétique,
Change mon cœur terrestre en un cœur séraphique ;
Écarte de mes yeux le voile de l’orgueil,
Et fais luire une étoile à chaque sombre écueil ;
Sur moi, comme au début, au bout de ma carrière,
Du haut de la Patrie, épanche ta lumière :
Éclairé des rayons d’un céleste flambeau,
Que j’exprime le Vrai, sous la forme du Beau ;
Qu’un même esprit d’amour règne en tout mou ouvrage,
Et consacré par toi, qu’il résiste à notre Age !
 Sur la femme livrée au froid serpent du mal,
Laisse tomber du ciel ton voile virginal !
Viens relever ton sexe, en créant la famille ;
En repeuplant le cloître, où la chasteté brille ;
Où s’exhale l’encens de toutes les vertus, —
L’encens de la prière et des pleurs répandus !
Par d’angéliques vœux, viens relever la femme ;
Soumets son corps esclave au sceptre de son âme ;
Et, reine en sa faiblesse, humble en sa royauté,
Que sa puissance éclate en sa virginité ;
Que le temple rayonne aux splendeurs de sa vie,
Et qu’au joug de Dieu seul elle soit asservie !
Sur ton sexe, aujourd’hui scandale universel,
Mère du pur amour, laisse tomber du ciel
Ton long voile, emperlé de divine rosée ;
Et consacre, à l’écart, la femme angélisée !