Page:Rouquette - L'Antoniade, 1860.djvu/211

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Vous avez, dans le jeûne, au fond d’un oratoire,
Répandu de vos pleurs l’aumône expiatoire ;
Vous avez dans l’intime et constante ferveur,
Élancé la prière et vaincu le Seigneur ;
Vous avez, jour et nuit, dans un profond mystère,
Servi le siècle ingrat par votre vie austère !
Et votre exemple au loin agissant sur les cœurs,
Du monde et de la chair les a rendus vainqueurs ;
Comme l’aimant agit sur le fer et l’attire,
Vous avez par l’amour étendu votre empire !….
 Ô toi, va suivre aussi les conseils de la loi :
Le monde est trop méchant pour se plaire avec toi,
Et ton cœur est trop grand pour vivre de sa vie :
Va ! la meilleure part, c’est celle de Marie !



sylvia.


Adieu, parents, amis ; ville natale, adieu !
Je vais me reposer dans la maison de Dieu !
Mon âme aspire aussi vers les célestes cimes ;
Je quitte un monde hostile, aux rampantes maximes :
Adieu, parents, amis ; ville natale, adieu !
Je vais me reposer dans la maison de Dieu !
Oui, quittant pour lui seul biens, famille et patrie,
La part que je choisis, c’est celle de Marie.
Ô Seigneur, Dieu d’amour, Pontife et Roi des rois,
Pour vous suivre partout et porter votre croix ;
Pour vous suivre et servir, vous aimer sans partage ;
Pour faire de vous seul mon unique héritage ;
Pour m’attacher à vous par de mystiques vœux,
Par des liens sacrés, d’indissolubles nœuds ;
Pour faire avec le monde un solennel divorce ;
Oh ! que n’ai-je choisi l’âge le plus précoce ;
Que n’ai-je dès l’enfance, inflexible en mon choix :
Dans le calme de l’âme, écouté votre voix ?