Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t10.djvu/261

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Madame L***.

[Lard] s’occupoit trop de moi pour que je ne m’occupasse point d’elle. Ses attentions me touchoient beaucoup ; j’en parlois à Maman comme d’une chose sans mystere, & quand il y en auroit eu, je ne lui en aurois pas moins parlé ; car lui faire un secret de quoi que ce fût, ne m’eût pas été possible : mon cœur étoit ouvert devant elle comme devant Dieu. Elle ne prit pas tout-à-fait la chose avec la même simplicité que moi. Elle vit des avances où je n’avois vu que des amitiés ; elle jugea que Madame L***.

[Lard] se faisant un point d’honneur de me laisser moins sot qu’elle ne m’avoit trouvé, parviendroit de maniere ou d’autre à se faire entendre, outre qu’il n’étoit pas juste qu’une autre femme se chargeât de l’instruction de son éleve, elle avoit des motifs plus dignes d’elle pour me garantir des piéges auxquels mon âge & mon état m’exposoient. Dans le même tems on m’en tendit un d’une espece plus dangereuse auquel j’échappai ; mais qui lui fit sentir que les dangers qui me menaçoient sans cesse, rendoient nécessaires tous les préservatifs qu’elle y pouvoit apporter.

Madame la Comtesse de M***.

[Menthon] mere d’une de mes écolieres, étoit une femme de beaucoup d’esprit & passoit pour n’avoir pas moins de méchanceté. Elle avoit été cause, à ce qu’on disoit, de bien des brouilleries & d’une entr’autres qui avoit eu des suites fatales à la maison d’A***.

[Antremont] . Maman avoit été assez liée avec elle pour connoître son caractere ; ayant ait innocemment inspiré du goût à quelqu’un sur qui Madame de M***.

[Menthon] avoit des prétentions, elle resta chargée auprès d’elle du crime de cette préférence, quoiqu’elle n’eût