Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t11.djvu/143

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presque impromptu à la campagne dans un moment de gaîté, qu’il n’a pas même daigne corriger & que nos Messieurs lui ont volée comme beaucoup d’autres choses qu’ils ajustent ensuite à leur façon pour l’édification publique.

Rousseau.

Mais comment ce vers est-il employé dans cette piece ? Est-ce lui-même qui le prononce ?

Le François.

Non ; c’est une jeune fille qui se croyant trahie par son amant le dit dans un moment de dépit pour s’encourager à intercepter ouvrir & garder une lettre écrite par cet amant à sa rivale.

Rousseau.

Quoi, Monsieur, un mot dit par une jeune fille amoureuse & piquée, dans l’intrigue galante d’une farce écrite autrefois à la hâte, & qui n’a été ni corrigée ni imprimée ni représentée, ce mot en l’air dont elle appuyé dans sa colere un acte qui de sa part n’est pas même une trahison, ce mot dont il vous plaît de faire une maxime de J. J. est l’unique autorité sûr laquelle vos Messieurs ont ourdi l’affreux tissu de trahisons dont il est enveloppe ? Voudriez-vous que je répondisse à cela sérieusement ? Me l’avez-vous dit sérieusement vous-même ? Non, votre air seul en le prononçant me dispensoit d’y répondre. Eh qu’on lui doive ou non de ne pas le trahir, tout homme d’honneur ne se doit-il pas a lui-même de. n’être un traître envers personne ? Nos devoirs envers les autres auroient beau