Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t11.djvu/145

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cette publication ne sert qu’à l’accélérer. Sans doute le public est toujours fidelle aux secrets qu’on lui confié ; ils ne sortent jamais de son sein. Mais il est risible qu’en disant ce secret à l’oreille à tout le monde, & le cachant très-soigneusement au seul qui s’il est coupable le sait nécessairement avant tout autre on veuille éviter par-la le scandale, & faire de ce badin mystère un acte de bienfaisance & de générosité. Pour moi avec une si tendre bienveillance pour le coupable, j’aurois choisi de le confondre sans le diffamer plutôt que de le diffamer sans le confondre, & il faut certainement pour avoir pris le parti contraire avoir eu d’autres raisons que vous ne m’avez pas dites & que cette bienveillance ne comporte pas.

Supposons qu’au lieu d’aller creusant sous ses pas tous ces tortueux souterrains, au lieu des triples murs de ténèbres qu’on élevé avec tant d’efforts autour de lui, au lieu de rendre le public & l’Europe entiere complice & témoin du scandale qu’on feint de vouloir éviter, au lieu de lui laisser tranquillement continuer & consommer ses crimes en se contentant de les voir & de les compter sans en empêcher aucun ; supposons dis-je qu’au lieu de tout ce tortillage, on se fut ouvertement & directement adresse à lui-même & à lui seul, qu’en lui présentant en face son accusateur arme de toutes ses preuves on lui eût dit ; " misérable qui fais l’honnête homme & qui n’es qu’un scélérat, te voila démasque, te voila connu ; voila tes faits, en voila les preuves, qu’as-tu à répondre ?" Il eût nie, direz-vous, & qu’importe ? Que sont les négations contre les démonstrations ? Il fut reste convaincu & confondu. Alors on eût ajoute en montrant son dénonciateur : "remercie cet