Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t11.djvu/175

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Le François.

Oh faites-la moi donc, cette unique analyse, & montrez-nous comment vous vous y êtes pris pour trouver cet homme sans malice, cet être si nouveau pour tout le reste du monde, & que personne avant vous n’a su voir en lui.

Rousseau.

Vous vous trompez ; c’est au contraire votre J. J. qui est cet homme nouveau. Le mien est l’ancien, celui que je m’émois figure avant que vous m’eussiez parle de lui, celui que tout le monde voyoit en lui avant qu’il eut fait des livres, c’est-a-dire, jusqu’à l’age de quarante ans. Jusques-la tous ceux qui l’ont connu, sans en excepter vos Messieurs eux-mêmes, l’ont vu tel que je le vois maintenant. C’est si vous voulez un homme que le ressuscite, mais que je ne crée assurément pas.

Le François.

Craignez de vous abuser encore en cela, & de ressusciter seulement une erreur trop tard détruite. Cet homme a pu,comme je vous l’ai déjà dit, tromper long-tems ceux qui l’ont juge sur les apparences, & la preuve qu’il les trompoit est qu’eux-mêmes, quand on le leur a fait mieux connoître ont abjure leur ancienne erreur. En revenant sur ce qu’ils avoient vu jadis, ils en ont juge tout différemment.

Rousseau.

Ce changement d’opinion me paroir très-naturel sans fournir la preuve que vous en tirez. Ils le voyoient alors par leurs