Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t11.djvu/311

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été si discret dans ses Confessions, & peut-être n’en a-t-il pas mieux fait. À cela près, tous les détails que je pourrois ajouter aux précédens n’en sont que des conséquences, qu’en raisonnant bien, chacun peut aisément suppléer. Ils suffisent pour connoître à fond le naturel de l’homme & son caractere. Je ne saurois aller plus loin, sans manquer aux engagemens par lesquels vous m’avez lie. Tant qu’ils dureront, tout ce que je puis exiger & attendre de J. J. est qu’il me donne, comme il a fait, une explication naturelle & raisonnée de sa conduite en toute occasion ; car il seroit injuste & absurde d’exiger qu’il répondit aux charges qu’il ignore, & qu’on ne permet pas de lui déclarer ; & tout ce que je puis ajouter du mien à cela est de m’assurer, que cette explication qu’il me donne, s’accorde avec tout ce que j’ai vu de lui par moi-même, en y donnant toute mon attention. Voilà ce que j’ai fait : ainsi je m’arrête. Ou faites-moi sentir en quoi je m’abuser, ou montrez-moi comment mon J. J. peut s’accorder avec celui de vos Messieurs, ou convenez enfin que deux êtres si differens ne furent jamais le même homme.

Le François.

Je vous ai écoute avec une attention dont vous devez être content. Au lieu de vous croiser par mes idées je vous ai suivi dans les vôtres, & si quelquefois je vous ai machinalement interrompu, c’étoit, lorsqu’étant moi-même de votre avis, je voulois avoir votre réponse à des objections souvent rebattues que je craignois d’oublier. Maintenant je vous demande en retour un peu l’attention que je vous ai donnée.