Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t11.djvu/316

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preuves auxquelles vous-même ne trouvez rien à répondre ? Si ces preuves sont autant d’impostures & de sophismes, que faut-il donc penser du genre-humain ? Quoi, toute une génération s’accorde à calomnier un innocent, à le couvrir de fange, à le suffoquer pour ainsi dire, dans le bourbier de la diffamation ? Tandis qu’il ne faut, selon vous, qu’ouvrir les yeux sur lui pour se convaincre de son innocence & de la noirceur de ses ennemis ? Prenez garde, Monsieur Rousseau ; c’est vous-même qui prouvez trop. Si J. J, étoit tel que vous l’avez vu, seroit-il possible que vous fussiez le premier & le seul à l’avoir vu sous cet aspect ? Ne reste-t-il donc que vous seul d’homme juste & sensé sur la terre ? S’il en reste un autre qui ne pense pas ici comme vous, toutes vos observations sont anéanties, vous restez seul charge de l’accusation que vous intentez à tout le monde, d’avoir vu ce que vous desiriez de voir, & non ce qui étoit en effet. Répondez à cette seule objection, mais répondez juste, je me rends sur tout le reste.

Rousseau.

Pour vous rendre ici franchise pour franchise, je commence par vous déclarer que cette seule objection à laquelle vous me sommez de répondre, est à mes yeux un abyme de ténèbres ou mon entendement se perd. J. J. lui-même n’y comprend rien non plus que moi. Il s’avoue incapable d’expliquer d’entendre la conduite publique à son égard. Ce concert avec lequel toute une génération s’empresse d’adopter un plan si exécrable, la lui rend incompréhensible. Il n’y voit ni des bons ni des mechans ni des hommes : il y voit des êtres