Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t11.djvu/351

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d’aimable & de bon dans son ame, & ce qui n’est que des d’un singularités d’un tempérament ardent retenu par un naturel timide, est devenu par leurs soins une horrible dépravation de cœur & de goût. Enfin toutes leurs manieres de procéder à son égard, & des allures dont le vent m’est portent a croire que pour décrier ses confessions après en avoir tire contre lui tous les avantages possibles, ils ont intrigue manœuvre dans tous les lieux ou il a vécu & dont il leur à fourni les renseignemens, pour défigurer toute sa vie, pour fabriquer avec art des mensonges qui en donnent l’air à ses confessions, & pour lui ôter le mérite de la franchise même dans les aveux qu’il fait contre lui. Eh ! puisqu’ils savent empoisser ses écrits qui sont sous les yeux de tout le monde, comment n’empoisonneroient-ils pas sa vie, que le public ne connoît que sur leur rapport ?

L’Heloise avoir tourne sur lui les regards des femmes ; elles avoient des droits assez naturels sur un homme qui décrivoit ainsi l’amour ; mais n’en connoissant gueres que le physique, elles crurent qu’il n’y avoir que des sens très-vifs qui pussent inspirer des sentimens si tendres, & cela pût leur donner de celui qui les exprimoit, plus grande opinion qu’il ne la meritoit peut-être. Supposez cette opinion portée chez quelques-uni jusqu’a la curiosité, & que cette curiosité ne fut pas assez- tôt devinée ou satisfaite par celui qui en étoit l’objet ; vous concevrez aisément dans sa destinée les conséquences de cette balourdise.

Quant à l’accueil sec & qu’il fait aux quidams arrogans ou pleureux qui viennent à lui, j’en ai souvent été le témoin