Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t11.djvu/359

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


appuyer le système d’impostures dont il est l’objet, sans s’exposer à être convaincus de mensonge, & voila à quoi l’espionnage est uniquement destine. Si vous me reprochez ici de rendre à ses accusateurs les imputations dont ils le chargent, j’en conviendrai sans peine, mais avec cette différence qu’en parlant d’eux, Rousseau ne s’en cache pas. Je ne pense même & ne dis tout ceci qu’avec la plus grande répugnance. Je voudrois de tout mon cœur pouvoir croire que le gouvernement est à son égard dans l’erreur de bonne foi, mais c’est ce qui m’est impossible. Quand je n’aurois nulle autre preuve du contraire, la méthode qu’on suit avec lui m’en fourniroit une invincible. Ce n’est point aux mechans qu’on fait toutes ces choses la, ce sont eux qui les sont aux autres.

Pesez la conséquence qui suit de-la. Si l’administration si le police elle-même trempe dans le complot pour abuser le public sur le compte de J. J. quel homme au monde, quelque sage qu’il puisse être, pourra se garantir de l’erreur à son égard ?

Que de raisons nous sont sentir que dans l’étrange position de cet homme infortune personne ne peut plus juger de lui avec certitude, ni sur le rapport d’autrui, ni sur aucune espece de preuve. Il ne suffit pas même de voir, il faut vérifier comparer approfondir tout par soi-même, ou s’abstenir de juger. Ici, par exemple, il est clair comme le jour qu’a s’est tenir au témoignage des autres le reproche de dureté & d’incommisération, mérite ou non, lui seroit toujours également inévitable : car suppose un moment, qu’il remplit de toutes ses forces les devoirs d’humanité de charité de bienfaisance dont tout homme est sans cette entoure, qui est-ce qui lui rendroit