Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t11.djvu/42

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à forcé de zele, & consacra ses loisirs, non à l’oisiveté, encore moins à des travaux nuisibles, mais à remplir sa tète d’idées charmantes, son cœur de sentimens délicieux, & à former des projets, chimériques peut-être à forcé d’être utiles, mais dont l’exécution, si elle eût été possible, eût fait le bonheur du genre humain. Le second, tout occupe de ses odieuses trames n’a su rien donner de son tems ni de son esprit à d’agréables occupations, encore moins à des vues utiles. Plonge dans les plus brutales débauches il a passe sa vie dans les tavernes & les mauvais lieux charge de tous les vices qu’on y porte ou qu’on y contracte, n’ayant nourri que les goûts crapuleux & bas qui en sont inséparables, il fait ridiculement contraster ses inclinations rampantes avec les altérés productions qu’il a l’audace de s’attribuer. En vain a-t-il paru feuilleter des livres & s’occuper de recherches philosophiques, il n’a rien saisi rien conçu que ses horribles systèmes, & après de prétendus essais qui n’avoient pour but que d’en imposer au genre-humain, il a fini comme il avoit commence, par ne rien savoir que mal faire.

Enfin, sans vouloir suivre cette opposition dans toutes ses branches & pour m’arrêter à celle qui m’y a conduit ; le premier, d’une timidité qui alloit jusqu’à la bêtise, osoit à peine montrer à ses amis les productions de ses loisirs : le second, d’une impudence encore plus bête s’approprioit fiérerement & publiquement les productions d’autrui sûr les choses qu’il entendoit le moins. Le premier aima passionnément la musique, en fit son occupation favorite & avec assez de succès pour y faire des découvertes, trouver les