Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t11.djvu/440

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ne trouveroit pour recevoir sa confession, au moins à l’égard de J. J., que de faux dépositaires qui ne s’en chargeroient que pour l’ensevelir dans un secret éternel ? Ainsi toutes les bouches sont ouvertes au mensonge, sans que parmi les vivans & les mourans il s’en trouve désormais aucune qui s’ouvre à la vérité. Dites-moi donc quelle ressource lui reste pour triompher, même à force de tems, de l’imposture, & se manifester au public, quand tous les intérêts concourent à la tenir cachée, & qu’aucun ne porte à la révéler ?

Rousseau.

Non, ce n’est pas a moi à vous dire cela, c’est à vous même, & ma réponse est écrite dans votre cœur. Eh dites-moi donc à votre tour quel intérêt quel motif vous ramene de l’aversion de l’animosité même qu’on vous inspira pour J. J. à des sentimens si differens ? Après l’avoir si cruellement hai quand vous l’avez cru méchant & coupable, pourquoi le plaignez-vous si sincérement aujourd’hui que vous le jugez innocent ? Croyez-vous donc être le seul homme au cœur duquel parle encore la justice indépendamment de tout autre intérêt ? Non, Monsieur, il en est encore, & peut-être plus qu’on ne pense, qui sont plutôt abuses que séduits, qui sont aujourd’hui par foiblesse & par imitation ce qu’ils voyent faire à tout le monde, mais qui rendus à eux-mêmes agiroient tout différemment. J. J. lui-même pense plus favorablement que vous de plusieurs de ceux qui l’approchent ; il les voit, trompes par ses soi-disans patrons, suivre sans le savoir les impressions de la haine, croyant de bonne soi