Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t11.djvu/465

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je trouverai en dépit d’eux le dédommagement de toutes leurs indignités. S’ils étoient dans l’erreur de bonne soi, je pourrois en me plaignant les plaindre encore & gémir sur eux & sur moi ; mais quelle erreur peut excuser un système aussi exécrable que celui qu’il suivent à mon égard avec un zele impossible a qualifier ; quelle erreur peut faire traiter publiquement en scélérat convaincu le même homme qu’on empêche avec tant de soin d’apprendre au moins de quoi on l’accuse ? Dans le rafinement de leur barbarie, ils ont trouve l’art de me faire souffrir une longue mort en me tenant enterre tout vis. S’ils trouvent ce traitement doux il faut qu’ils aient des ames de fange ; s’ils le trouvent aussi cruel qu’il l’est, les Phalaris les Agatocle ont été plus débonnaires qu’eux. J’ai donc eu tort d’espérer les ramener en leur montrant qu’ils se trompent ; ce n’est pas de cela qu’il s’agit, & quand ils se tromperoient sur mon compte, ils ne peuvent ignorer leur propre iniquité. Ils ne sont pas injustes & mechans envers moi par erreur mais par volonté : ils le sont parce qu’ils veulent l’être, & ce n’est pas à leur raison qu’il faudroit parler, c’est à leurs cœurs dépravés par la haine. Toutes les preuves de leur injustice ne seront que l’augmenter ; elle est un grief de plus qu’ils ne me pardonneront jamais.

Mais c’est encore plus à tort que je me suis affecte