Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t11.djvu/60

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d’un cœur brûlant d’amour pour la vertu. Non, Monsieur, non Monsieur ; le mien ne se prêtera jamais à cette absurde & fausse persuasion. Mais je dis & je soutiendrai toujours qu’il faut qu’il y ait deux J. J., & que l’Auteur des livres & celui des crimes ne sont pas le même homme. Voila un sentiment si bien enracine dans le fond de mon cœur que rien ne me l’ôtera jamais.

Le François.

C’est pourtant une erreur sans le moindre doute ; & une autre preuve qu’il a fait des livres est qu’il en fait encore tous les jours.

Rousseau.

Voila ce que j’ignorois, & l’on m’avoit dit au contraire qu’il s’occupoit uniquement depuis quelques années à copier de la musique.

Le François.

Bon, copier ! il en fait le semblant pour faire le pauvre quoiqu’il soit riche & couvrir sa rage de faire des livres & de barbouiller du papier. Mais personne ici n’en est la dupe, & il faut que vous veniez de bien loin pour l’avoir été.

Rousseau.

Sûr quoi, je vous prie, roulent ces nouveaux livres dont il se cache si bien, si à propos, & avec tant de succès ?

Le François.

Ce sont des Fadaises de toute espece : des leçons d’Athéisme,