Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t13.djvu/114

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pas dans le cours ordinaire de cette nature, toutes choses égales d’ailleurs.....

Que la férocité terrasse la vertu.

Voyez la Grece — que le luxe & les Arts avoient énervé. Enervé, passe, mais de mœurs corrompues, c’est une question que notre Orateur n’a pas même effleurée, & que j’ose le défier de prouver.

C’est au tems des Ennius — le titre d’arbitre du bon goût. Tout le monde fait que Rome doit son origine à une troupe de brigands rassemblés par le privilege de l’impunité, l’enceinte formée par son fondateur. Voilà le germe des conquérans de la terre, objet des éloges de ce Discours, en voilà l’échantillon ; des scélérats réunis par le crime & pour le crime. Je conseille à notre Orateur de placer ces Héros que nous verrions aujourd’hui expirer par divers supplices bien mérités, les placer, dis-je, vis-à-vis des Ovides & des Catulles, &c.

Que dirai-je de cette Métropole — peut-être par sagesse que par barbarie. Voilà un peut-être bien prudent, & bien nécessaire à cette phrase ; car comment croire que les peuples de l’Europe encore barbares, aient refusé avec connoissance de cause d’admettre les Sciences chez eux ? Ils n’avoient pas lu le Discours de notre Orateur.

Tout ce que la débauche — les lumieres dont notre siecle se glorifie. Toutes ces horreurs prouvent que dans l’Empire les mieux policé, le plus savant, il y a des ignorans, il y a des barbares. Tout un peuple peut-il être savant dans le royaume où les Sciences sont le plus cultivées ? Tous les hommes ont-ils