Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t13.djvu/130

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Quique pii vates & Phabo digna locuti,

Inventas aut qui vitam excoluere per artes,

Omnibus his niveâ cinguntur tempora vittâ.

Virgil. AEneid. L. VI. v. 661.

À l’égard du frontispice, je ne vois pas la finesse de cette allégorie. Il est tout simple que le feu brûle la barbe. L’Auteur veut-il dire qu’il ne faut pas plus se fier à l’homme qu’au feu ? mais il le représente nud & sortant des mains de Promethée, de la nature ; & c’est, selon lui, le seul état dans lequel on puisse s’y fier. Veut- il dire qu’on ne connoît pas toute la finesse de sa these, de son Discours, qu’il faut le respecter comme le feu ? Ne pourroit-on pas par une allégorie beaucoup plus naturelle, faire dire à l’homme céleste qui approche une torche allumée de la tête de l’homme statue : satyre, tu l’admires, tu en es épris, parce que tu ne le connois pas ; apprends imbécille, que l’objet de tes transports n’est qu’une vaine idole que ce flambeau va réduire en cendres.

Quelle opinion falloit-il — qu’on aime à s’en former. J’aurois conseillé à l’Orateur de substituer un autre mot à celui de feuillette.

L’Astronomie est née de la superstition. L’Astronome est fille de l’oisiveté & du desir de connoître ce qui est dans l’univers le plus digne de notre curiosité. Cette simple curiosité déjà bien noble par elle-même, & capable de préserver l’homme de tous les vices attachés à l’oisiveté, a encore produit dans la société mille avantages que nos calendriers, nos cartes géographiques, & l’art de naviguer attestent à quiconque ne