Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t13.djvu/146

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Je sais qu’il faut occuper — & non ce qu’ils doivent oublier. L’Auteur a raison, & c’est ce que sont aussi les maîtres, & sur-tout les peres & les meres qui ont à cœur, comme ils le doivent, l’éducation de leurs enfans, Mais si notre siecle n’est pas encore aussi parfait qu’il pourroit être ; s’il est encore parmi nous des causes de la corruption des mœurs, de la foiblesse du corps, de la mollesse ; certes c’est la passion qui y regne pour les jeux sédentaires ; passion, que nous tenons principalement de la fréquentation des femmes frivoles qui sont heureusement le plus petit nombre, & qui naît de notre complaisance pour ce sexe enchanteur ; passion, qui est fille de l’oisiveté & de l’avarice, & assez amie de toutes les autres, qui remplit la tête de trente mots baroques, & vuides de sens, & pour l’ordinaire aux dépens de la Science, de l’Histoire, de la Morale & de la Nature, qu’on se fait là un honneur d’ignorer. Des esprits si mal nourris n’ont rien à se dire, que, baste, ponte, manille, comete, &c. Les conversations en cercle si en usage, si estimées chez nos peres & si propres à faire paroître les talens, les bonnes mœurs, & à les former chez les jeunes personnes, sont dans ces jolies assemblées, ou muettes, ou employées à faire des réflexions sur tous les colifichets qui décorent ces Dames, sur toutes les babioles rares que possédent ces Messieurs, à conter de jolies aventures, ou inventées, ou au moins bien brodées sur le compte des son prochain.

Là vous trouvez toujours des gens divertissans

Des femmes qui jamais n’ont pu fermer la bouche,