Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t13.djvu/147

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Et qui sur le prochain vous tirent à cartouche,

Des oisifs de métier, & qui toujours chez eux

Portent de tout Paris le lardon scandaleux.

Le Joueur de Regnard.

On sacrifie à ce plaisir perfide les spectacles les mieux ordonnés, les plus châtiés, & les plus propres à inspirer des mœurs &du goût ; on y sacrifie même quelquefois ses devoirs & sa fortune. Et quelle est l’origine de ce reste de poison que les loix trop peu séveres souffrent encore dans la société ? Les exercices du corps trop négligés, les Sciences & les Arts trop peu cultivés encore.

  • Telle étoit l’éducation des Spartiates, — à le rendre bon, aucun à le rendre savant. L’Auteur ne met donc pas au nombre des Sciences celle de la religion & de la morale ; car voilà ce qu’on enseignoit aux enfans des rois de Perse, & qu’on ne néglige pas d’apprendre en France aux derniers des paysans mêmes.

Astyage, en Xénophon, demande à Cyrus — qu’il me persuadât que son école vaut celle-là. Le bon Montagne radotoit, quand il nous donnoit cette histoire comme une grande merveille. On donne tous les jours le fouet dans nos écoles aux jeunes gens qui se sont entr’eux de plus petites injustices que celles-là, & l’on n’en fait pas tant de bruit, l’on ne s’avise pas d’en faire une histoire mémorable, & digne de trouver place dans un livré aussi relevé que celui de Xénophon.

Nos jardins sont ornés — avant même que de savoir lire.