Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t13.djvu/155

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siecle. On a vu ci-devant que les siecles anciens étoient beaucoup plus corrompus. Il est vrai qu’ils n’en disent rien à la postérité ; mais la pratique presque générale des vices passoit de race en race comme par tradition. Peut-on comparer ce torrent débordé & universel des passions déréglées, des siecles barbares, avec quelques Poetes libertins, que laissé encore, échapper notre siecle.

Et portez ensemble — qui soient précieux devant toi. Que le Dieu Tout-puissant ôte les lumieres & les talens à ceux qui en abusent, qu’il anéantisse les arts funestes à la vertu ; qu’il donne la pauvreté à ceux qui sont un mauvais usage des richesses, mais qu’il répande abondamment les lumieres, les talens & les richesses sur ceux qui savent les employer utilement. Voilà la priere d’un bon citoyen, d’un homme raisonnable.

Mais si le progrès des Sciences — des forces de ceux qui seroient tentés de savoir ? Comme la majeure de cet argument est fausse, ces Auteurs sont dignes de toute la reconnaissance du public, & de l’Auteur même du Discours, qui a mieux profité qu’un autre de leurs travaux.

Que penserons-nous — populace indigne d’en approcher. Le mot de Sanctuaire convient-il à un lieu où, selon l’Auteur, on va corrompre ses mœurs & son goût ; je me serois attendu à toute autre expression ; & en ce cas-là qu’est-ce que l’Auteur entend par cette populace indigne d’en approcher ? Les plus indignes d’approcher d’un lieu de corruption, sont ceux qui sont les plus capables de porter sort loin cette corruption ; ceux qui sont les plus capables de se distinguer