Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t13.djvu/175

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bon usage ! France, si avantageusement située pour communiquer avec toutes les mers, avec toutes les parties du monde, cet objet est digne de tes regards. Fais des conquêtes sur Neptune, par ton habileté à dompter ses caprices ; elles te resteront, ainsi que les sommes immenses dont tes armées nombreuses enrichissent souvent les peuples étrangers, quelquefois tes propres ennemis.

Je sais bien, dit M. Rousseau, que la politique d’un Etat, que les commodités, (il n’a osé ajouter) & les besoins de la vie, demandent la culture des Sciences & des Arts, mais je soutiens qu’en même tems ils nous rendent malhonnêtes gens.

Nous avons amplement prouvé le contraire dans le cours de cette Réfutation : nous ajouterons ici que loin que la probité, l’affaire du salut aient de l’incompatibilité avec la culture des Sciences, des Arts, du commerce, avec une ardeur pour le travail répandue sur tous les sujets d’un Etat ; je pense au contraire, que l’honnête homme, le chrétien est obligé de se livrer à tous ces talens.

Peut-on faire son salut sans remplir tous ses devoirs ? Et les devoirs de l’homme en société se bornent-ils à la méditation, à la lecture des livres saints, & à quelques exercices de piété ? Un boulanger qui passeroit la journée en prieres, & me laisseroit manquer de pain, seroit-il bien son salut ? Un chirurgien qui iroit entendre un sermon, plutôt que de me remettre une jambe cassée, seroit-il une action bien méritoire devant Dieu ? Les devoirs de notre état sont donc partie de ceux qui sont essentiels à l’affaire de notre salut, & la nécessite de tous ces états est démontrée par les besoins pour lesquels ils ont été inventés.