Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t13.djvu/27

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plusieurs interprétations, suivant la diversité des circonstances : l’étude de ces loix suffira donc pour occuper quelques Citoyens, dont les lumieres aideront leurs compatriotes.

Les Lacédémoniens n’avoient ni Jurisconsultes, ni Avocats. Ils avoient des Magistrats & des procédures juridiques. On range sous l’onzieme table des Loix de Lycurgue celles qui concernent les Cours de Justice ; & puisqu’il étoit défendu aux jeunes gens d’assister aux plaidoyers, apparemment qu’on plaidoit. Mais supposons les choses telles que les rapporte M. Rousseau : des institutions qui conviennent à une petite société de Soldats, peuvent-elles avoir lieu dans un grand Etat ? Je m’en rapporte là-dessus si politique. Mais j’ai de très-bonnes raisons pour ne m’en rapporter qu’aux lecteurs sur ce que je dis dans la Réfutation.On n’y trouvera aucun des raisonnemens faux ou ridicules que M. Rousseau a la bonté de me prêter, pour rappeller sans doute la simplicité de ces premiers tems qui doivent faire honte à notre siecle, à ce siecle malheureux qui est assez corrompu par les Sciences, pour exiger de la bonne foi jusques dans la dispute.

Cependant je reconnoîtrai volontiers qu’il rapporte fidellement quelques réflexions générales, ou qui préparent mes transitions, ou qui sont des suites de quelques raisonnemens. Par exemple, j’avois dit : sous prétexte d’épurer les mœurs, est-il permis d’en renverser les appuis ? Il répond : sous prétexte d’éclairer les esprits, faudra-t-il pervertir les ames ? Ces réflexions & d’autres semblables, sont peut-être également fondées ; & il est surprenant que M. Rousseau qui est résolu, comme il l’assure plusieurs fois, à ne point répliquer, réponde