Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t13.djvu/285

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çante. Elle a plusieurs beaux édifices & des promenades agréables ; les rues sont éclairées la nuit, & on a construit sur le Rhône une machine à pompes fort simple, qui fournit de l’eau jusqu’aux quartiers les plus élevés, à cent pieds de haut. Le lac est d’environ dix-huit lieues de long, & de quatre à cinq dans sa plus brande largeur. C’est une espece de petite mer qui a ses tempêtes, & qui produit d’autres phénomenes curieux.

Jules César parle de Geneve comme d’une ville des Allobroges, alors province Romaine ; il y vint pour s’opposer au passage des Helvétiens, qu’on a depuis appellés Suisses. Dès que le christianisme fut introduit dans cette ville, elle devint un Siége épiscopal, suffragant de Vienne. Au commencement au V. siecle, l’Empereur Honorius la céda aux Bourguignons, qui en furent dépossédés en 534 par les rois Francs. Lorsque Charlemagne, sur la fin du IX. siecle, alla combattre les rois des Lombards, & délivrer le Pape (qui l’en récompensa bien par la couronne Impériale,) ce Prince passa à Geneve, & en fit le rendez-vous général de son armée. Cette ville fut ensuite annexée par héritage à l’Empire Germanique, & Conrad y vint prendre la couronne Impériale en 1034. Mais les Empereurs ses successeurs, occupés d’affaires très-importantes, que leur susciterent les Papes pendant plus de trois cents ans, ayant négligé d’avoir les yeux sur cette ville, elle secoua insensiblement le joug, & devint une ville Impériale, qui eut son Évêque pour prince, ou plutôt pour seigneur ; car l’autorité de l’Évêque étoit tempérée par celle des citoyens. Les armoiries qu’elle prit dès-lors exprimoient