Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t13.djvu/360

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Le Cacique.


Loin de vous condamner, j’honore la vertu,
Qui vous fait, prés des Dieux, chercher la confiance,
Que l’effroi vient d’ôter à mon peuple abattu.
Cent présages affreux, troublant notre assurance,
Semblent du Ciel annoncer le courroux :
Si nos crimes ont pu mériter sa vengeance,
Vos vœux l’éloigneront de nous,
En saveur de votre innocence.


Carime.


Quel fruit espérez -vous de ces détours honteux ?
Cruel ! vous insultez à mon sort déplorable.
Ah ! si l’amour me rend coupable,
Est-ce à vous à blâmer mes feux ?


Le Cacique.


Quoi ! vous parlez d’amour en ces momens funestes !
L’amour échauffe-t-il des cœurs glacés d’effroi ?


Carime.


Quand l’amour est extrême,
Craint-on d’autre malheur.
Que la froideur
De ce qu’on aime ?
Si Digizé vous vantoit son ardeur,
Lui répondriez-vous de même ?


Le Cacique.


Digizé m’appartient par des nœuds éternels,