Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t13.djvu/361

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En partageant mes feux, elle a rempli mon trône ;
Et quand nous confirmons nos sermens mutuels,
L’amour le justifie, & le devoir l’ordonne.


Carime.


L’amour & le devoir s accordent rarement :
Tour-à-tour, seulement, ils regnent dans une ame.
L’amour forme l’engagement ;
Mais le devoir éteint la flâme.
Si l’hymen a pour vous des attraits si charmans,
Redoublez, avec moi, ses doux engagemens ;
Mon cœur consent à ce partage :
C’est un usage établi parmi nous.


Le Cacique.


Que me proposez-vous, Carime ? quel langage !


Carime.


Tu t’offenses, cruel, d’un langage si doux ;
Mon amour & mes pleurs excitent ton courroux.
Tu vas triompher en ce jour !
Ah ! si tes yeux ont plus de charmes,
Ton cœur a-t-il autant d’amour ?


Le Cacique.


Cessez de vains regrets, votre plainte est injuste :
Ici vos pleurs blessent mes yeux.
Carime, ainsi que vous, en cet asyle auguste,
Mon cœur a ses secrets à révéler aux Dieux.