Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t13.djvu/370

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Que vos sublimes sons, vos pas mystérieux,
De l’avenir, soustrait aux mortels curieux,
Dans mon cœur inspiré portent la connoissance.
Mais la fureur divine agite mes esprits,
Mes sens sont étonnés, mes regards éblouis ;
La nature succombe aux efforts réunis
De ces ébranlemens terribles.......
Non, des transports nouveaux affermissent mes sens ;
Mes yeux, avec effort, percent la nuit des tems.....
Ecoutez du destin les décrets inflexibles.
Cacique infortuné,
Tes exploits sont flétris, ton regne est terminé.
Ce jour en d’autres mains fait passer ta puissance.
Tes peuples asservis sous un joug odieux
Vont perdre, pour jamais, les plus chers dons des cieux,
Leur liberté, leur innocence.
Fiers enfans du soleil, vous triomphez de nous ;
Vos arts sur nos vertus vous donnent la victoire.
Mais, quand nous tombons sous vos coups,
Craignez de payer cher nos maux & votre gloire.
Des nuages confus naissant de toutes parts....
Les siecles sont voilés à mes foibles regards.


Le Cacique.


De vos arts mensongers cessez les vains prestiges.
Les prêtres se retirent, après quoi son entend le chœur
suivant, derriere le théâtre.


CHŒUR derriere le théâtre.
Ô ciel ! ô ciel ! quels prodiges nouveaux !