Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t13.djvu/394

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Son cœur est trop constant, son amour est trop tendre :
Non, rien ne pourra l’arrêter ;
Il saura même aimer, sans pouvoir rien prétendre.


ORANE.
Eh quoi ! vous penseriez qu’il osât refuser
Un cœur qui borneroit les vœux de cent monarques ?


ELISE.
Hélas ! il n’a déjà que trop su mépriser
De mes feux les plus tendres marques.


ORANE.
Pourroit-il oublier sa naissance, son rang,
Et l’éclat dont brille le sang
Duquel les Dieux vous ont fait naître ?


ELISE.
Quels que soient les aïeux dont il a reçu l’être ;
Iphis fait mériter un plus illustre sort,
Et par un courageux effort,
Se frayer le chemin d’une cour plus brillante.
Ses amiables vertus, si vertu éclatante,
Ont su lui captiver mon cœur.
Je me ferois honneur
D’une semblable foiblesse,
Si pour répondre à mon ardeur
L’ingrat employoit sa tendresse :


Mais, peu touché de ma grandeur,
Et moins encor de mon amour extrême,