Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t13.djvu/419

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Je cherche à pénétrer tous les ressorts divers,
Les principes cachés qui meuvent l’univers ;
Si, dis-je, en mon pouvoir j’ai tous ces avantages,
Je le répété encor, ce sont là vos ouvrages,
Vertueuse Warens, c’est de vous que je tiens
Le vrai bonheur de l’homme, & les solides biens.


Sans craintes, sans desirs, dans cette solitude,
Je laissé aller mes jours exempts d’inquiétude :
Ô que mon cœur touché ne peut-il à son gré
Peindre sur ce papier, dans un juste degré,
Des plaisirs qu’il ressent la volupté parfaite !
Présent dont je jouis, passé que je regrette,
Tems précieux, hélas ! je ne vous perdrai plus
En bizarres projets, en soucis superflus.
Dans ce verger charmant j’en partage l’espace.
Sous un ombrage frais tantôt je me délasse ;
Tantôt avec Leibnitz, Mallebranche & Newton,
Je monte ma raison sur un sublime ton,
J’examine les loix des corps & des pensées,
Avec Loche je fais l’histoire des idées :
Avec Kepler, Wallis, Barrow, Rainaud, Pascal,
Je devance Archimede, & je suis l’Hôpital.*

[*Le marquis de l’Hôpital, auteur de l’Analyse des infiniment petits, & de plusieurs autres ouvrages de mathématique.]


Tantôt à la physique appliquant mes problêmes,
Je me laissé entraîner à l’esprit des systêmes :
Je tâtonne Descartes & ses égaremens,
Sublimes, il est vrai, mais frivoles romans.