Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t13.djvu/420

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J’abandonne bientôt l’hypothese infidelle,
Content d’étudier l’histoire naturelle.
Là, Pluie & Niuwentyt, m’aidant de leur savoir,
M’apprennent à penser, ouvrir les yeux & voir.
Quelquefois, descendant de ces vastes lumieres,
Des différens mortels je suis les caracteres.
Quelquefois, m’amusant jusqu’a la fiction,
Télémaque & Séthos me donnent leur leçon,
Ou bien dans Cléveland j’observe la nature,
Qui se montre à mes yeux touchante & toujours pure.
Tantôt aussi de Spon parcourant les cahiers,
De ma patrie en pleurs je relis les dangers.
Geneve, jadis si sage, ô ma chere patrie !
Quel démon dans ton sein produit la frénésie ?
Souviens-toi qu’autrefois tu donnas des héros,
Dont le sang t’acheta les douceurs du repos !
Transportés aujourd’hui d’une soudaine rage,
Aveugles citoyens, cherchez-vous l’esclavage ?
Trop tôt peut-être hélas ! pourrez -vous le trouver !
Mais, s’il est encor tems, c’est à vous d’y songer.
Jouissez des bienfaits que Louis vous accorde,
Rappellez dans vos murs cette antique concorde.
Heureux ! si, reprenant la foi de vos aieux,
Vous n’oubliez jamais d’être libres comme eux.
Ô vous tendre Racine, ô vous aimable Horace !
Dans mes loisirs aussi vous trouvez votre place :
Claville, S. Aubin, Plutarque, Mézerai,
Despréaux, Cicéron, Pope, Rollin, Barclai,