Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t13.djvu/462

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l’avance, comme vous dites qu’il en faudroit laisser en arriere pour boucher les trous. Je n’ai encore pu donner un sou à la maîtresse de la pension, ni pour le louage de ma chambre ; jugez, Madame, comment me voilà joli garçon ; & pour achever de me peindre, si je suis contraint de mettre quelque chose à la presse, ces honnêtes gens-ci ont la charité de ne prendre que 12 a sols par écu de six francs, tous les mois. À la vérité, j’aimerois mieux tout vendre que d’avoir recours à un tel moyen. Cependant, Madame, je suis si heureux, que personne ne s’est encore avisé de me demander de l’argent, sauf celui qu’il faut donner tous les jours pour les eaux, bouillons de poulets, purgatifs, bains ; encore ai-je trouvé le secret d’en emprunter pour cela, sans gage & sans usure & cela du premier cancre de la terre. Cela ne pourra pas durer, pourtant, d’autant plus que le deuxieme mois est commencé depuis hier : mais je suis tranquille depuis que j’ai reçu de vos nouvelles, & je suis assuré d’être secouru à tems. Pour les commodités, elles sont en abondance. Il n’y a point de bon marchand à Lyon, qui ne tire une lettre de change sur Montpellier. Si vous en parlez à M. C. il lui sera de la derniere facilité de faire cela : en tout cas voici l’adresse d’un qui paye un de nos Mes sieurs de Belley, & de la voie duquel on peut se servir, M. Parent, marchand drapier à Lyon au change. Quant à mes lettres, il vaut mieux les adresser chez M. Barcellon, ou plutôt Marcellon, comme l’adresse est à la premiere page, on sera plus exact à me les rendre. Il est deux heures après minuit, la plume me tombe des mains. Cependant, je n’ai pas écrit la moitié de ce que j’avois à