Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t13.djvu/474

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prends point au mot, & je vous laisse à deviner pourquoi ?

Je ne puis rien vous dire de particulier sur le voyage que vous méditez, parce que l’approbation qu’on peut lui donner dépend des secours que vous trouverez pour en supporter les frais, & des moyens sur lesquels vous appuyez l’espoir du succès de ce que vous y allez entreprendre.

Quant à vos autres projets, je n’y vois rien que lui, & je `n’attends pas là-dessus d’autres lumieres que celles de vos yeux & des miens. Ainsi vous êtes mieux en état que moi de juger de la solidité des projets que nous pourrions faire de ce côté. Je trouve Mademoiselle sa fille allez aimable, je pense pourtant que vous me faites plus d’honneur que de justice en me comparant à elle : car il faudra, tout au moins, qu’il m’en coûte mon cher nom de petit né. Je n’ajouterai rien sur ce que vous m’en dites de plus ; car je ne saurois répondre à ce que je ne comprends pas. Je ne saurois finir cet article, sans vous demander comment vous vous trouvez de cet archi-âne de Keister. Je pardonne à un sot d’être la dupe d’un autre, il est fait pour cela ; mais quand on a vos lumieres, on n’a pas bonne grace à se laisser tromper par un tel animal qu’après s’être crevé les yeux. Plus j’acquiers de lumieres de chimie, plus tous ces maîtres chercheurs de secrets & de magisteres me paroissent cruches & butords. Je voyois, il y a deux jours, un de ces idiots, qui soupesant de l’huile de vitriol, dans un laboratoire où j’étois, n’étoit pas étonné de sa grande pesanteur, parce, disoit-il, qu’elle contient beaucoup de mercure ; & le même homme se vantoit de savoir parfaitement l’analyse & la composition des corps. Si de