Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t13.djvu/48

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le feu de l’amour divin que de parer le monde de tous les ornemens dont il est susceptible ? C’est pour cela que Dieu plaça l’homme dans un jardin délicieux. C’est dans la même vue & par l’effet d’une inspiration céleste que les Lettres travaillent de travaillent de concert à embellir l’Europe, où elles ont fixé leur séjour. En effet, Messieurs, c’est dans cette partie du monde que, après vous avoir décrit les ravages que l’ignorance a causés dans l’Asie & dans l’Afrique, je vais vous démontrer les avantages inestimables qu’elles nous procurent.

Il est évident qu’il n’y a point de pays où l’éclat de la Divinité & la dignité de l’homme paroissent plus sensiblement qu’en Europe. Combien y compte-t-on de personnages aussi recommandables par la pureté des mœurs que par les connoissances acquises ? Ne sont-ce pas autant de soleils qui portent la chaleur & la lumiere dans le sein de nos villes, dont les rayons se répandent sur nos campagnes & percent l’obscurité des plus sombres réduits.

Les besoins de la vie nous imposent un travail nécessaire qui par sa continuité & par l’application, qu’il exige, pourroit affoiblir les connoissances que nous avons de la Divinité. Mais remarquez à quel point les Lettres sont attentives à adoucir ce travail. De célebres Académiciens s’appliquent à perfectionner l’agriculture ; ils fouillent eux-mêmes les entrailles de la terre, & la forcent par de savans essais à déclarer jusqu’où s’étend le terme de sa fécondité ; leurs soins sont abondamment récompensés : que des leurs charmantes, que de fruits délicieux couvrent nos champs ! Que de plantes & d’arbres de diverses especes nous fournissent à l’envi le nécessaire, l’utile & l’agréable !