Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t13.djvu/487

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désespérée du côté de la cour de Turin, où les Savoyards auront toujours assez de crédit pour vous faire tout le mal qu’ils voudront : c’est-à-dire, tout celui qu’ils pourront. Il n’en pas de même en Espagne où nous trouverons toujours au tant, & comme je crois, plus d’amis qu’eux. Au reste, je suis bien éloigné de vouloir vous flatter du succès de ma marche ; mais que risquons- nous de tenter ? Quant à M. marquis Scotti, je savois déjà tout ce que vous m’en dit & je ne manquerai pas d’insinuer cette voie à celui à qui remettrai le mémoire ; mais comme cela dépend de plusieurs circonstances, soit de l’accès qu’on peut trouver auprès à lui, soit de la répugnance que pourroient avoir mes correspondans à lui faire leur cour, soit enfin de la vie du roi d’Espagne, il ne sera peut-être pas si mauvais que vous le pensez, de suivre la voie ordinaire des ministres. Les affaire qui ont passé par les bureaux se trouvent à la longue toujours plus solides que celles qui ne se sont faites que par faveur.

Quelque peu d’intérêt que je prenne aux fêtes publiques, je ne me pardonnerois pas de ne vous rien dire du tout de celles qui se sont ici pour le mariage de M. le Dauphin. Elles sont telles qu’après les merveilles que

Saint-Paul a vues, l’esprit humain ne peut rien concevoir de plus brillant. Je vous serois un détail de tout cela, si je ne pensois que M. Deville sera à portée de vous en entretenir. Je puis en deux mots vous donner une idée de la cour, soit par le nombre, soit par la magnificence, en vous disant premiérement qu’il avoit quinze mille masques au, bal masqué qui s’est donné à