Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t13.djvu/493

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Je n’ai point encore écrit à mon père ni vu aucun de mes parens, & j’ai ordre d’observer le même incognito jusqu’au déboursement. J’ai une furieuse démangeaison de tourner la feuille ; car j’ai encore bien des choses à dire. Je n’en serai rien cependant, & je me réserve à l’ordinaire prochain pour vous donner de bonnes nouvelles. J’ai l’honneur d’être avec un profond respect.

LETTRE XVII. À MADAME DE SOURGEL

Je suis fâché, Madame, d’être obligé de relever les irrégularités de la lettre que vous avez écrite à M. Favre, à l’égard de Madame la baronne de Warens. Quoique j’eusse prévu à-peu-près les suites de sa facilité à votre égard, je n’avois point à la vérité soupçonné que les choses en vinssent au point où vous les avez amenées par une conduite qui ne prévient pas en faveur de votre caractere. Vous avez très-raison, Madame, de dire qu’il a été mal à Madame de Warens d’en agir comme elle a fait avec vous & Monsieur votre époux. Si son procédé fait honneur à son cœur, il est sûr qu’il n’est pas également digne de ses lumières ; puisqu’avec beaucoup moins de pénétration & d’usage du monde, je ne laissai pas de percer mieux qu’elle dans l’avenir, & de lui prédire assez juste une partie du retour dont vous payez son amitié & ses bons offices.