Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t13.djvu/521

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avoit été fort malade, mais qu’il étoit beaucoup mieux. Voilà tout ce que j’en sais, Madame la duchesse. Probablement vous en savez davantage à présent vous-même, & cela supposé, j’oserois vous supplier de vouloir bien me faire écrire un mot pour me tirer du trouble où je suis. À moins que les amis charitables ne m’instruisent de ce qu’il m’importe de savoir, je ne suis pas en position de pouvoir l’apprendre par moi-même.

Je n’ose presque plus vous parler de plantes, depuis que vous ayant trop annoncé les chiffons que j’avois apportés de Suisse, je n’ai pu encore vous rien envoyer. Il faut, Madame, vous avouer toute ma misere ; outre que ces débris valoient peu la peine de vous être offerts, j’ai été retardé par la difficulté d’en trouver les noms qui manquoient à la plupart, & cette difficulté mal vaincue m’a fait sentir que j’avois fait une entreprise à mon âge, en voulant m’obstiner à connoître les plantes tout seul. Il faut en botanique commencer par être guidé ; il faut du moins apprendre empiriquement les noms d’un certain nombre de plantes avant de vouloir les étudier méthodiquement : il faut premièrement être herboriste, & puis devenir botaniste après, si l’on peut. J’ai voulu faire le contraire, & je m’en suis mal trouvé. Les livres des botanistes modernes n’instruisent que les botanistes ; ils sont inutiles aux ignorans. Il nous manque un livre vraiment élémentaire avec lequel un homme qui n’auroit jamais vu de plantes, pût parvenir à les étudier seul. Voilà le livre qu’il me faudroit a défaut d’instructions verbales ; car où les trouver ? Il n’y a point autour de ma demeure, d’autres herboristes que les moutons.