Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t13.djvu/55

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Cette fondation s’est accrue par la libéralité d’un homme célebre,*

[*M. COFFIN.] occupé pendant un grand nombre d’années 0 l’éducation de la jeunesse, qui non content d’avoir formé ses élevés à la vraie éloquence & à la belle poésie dans lesquelles il excelloit, entretient même après sa mort le goût des bonnes études.

On n’est pas moins redevable à ce zélé Citoyen*

[*M. COIGNARD] LE digne émule des Elzévirs & des Etiennes. Epris des charmes de la langue & de l’éloquence latine, après nous avoir donne de magnifiques éditions de Cicéron & d’autres excellens Auteurs, il retient par un prix considérable les muses Romaines prêtes à nous quitter. L’étude du latin ne sera plus négligée, consacrée d’une part à l’immortalité dans des livres parfaitement imprimés, & cultivée de l’autre par les bouches éloquentes qu’excite la générosité du fondateur.

Tels sont les sentimens de ceux à qui vous devez les couronnes qui parent vos têtes, jeunesse chérie, votre sort fait des jaloux dans les provinces & au -delà des limites de la France. Je n’ai pas besoin de vous exhorter à ne jamais oublier ce jour l’un des plus beaux de votre vie. L’ardeur & l’empressement que vous faites paroître, me sont de fûts garants que vous en conserverez précieusement le souvenir. Mais ce que je ne puis assez vous recommander, c’est d’avoir sans cessé devant les yeux, quelle est la fin qu’on se propose en vous couronnant de tant de gloire ; pourquoi cette auguste Cour suspend ses importances fonctions ; ce qu’elle attend de