Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t13.djvu/554

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Je vous dois des remerciemens, Monsieur, pour les plantes que vous avez eu la bonté de m’envoyer dans votre lettre, & bien plus encore pour les éclaircissemens dont vous les avez accompagnées. Le Papirus m’a fait grand plaisir, & je l’ai mis bien précieusement dans mon herbier. Votre Antirrhinum perpureum m’a bien prouve que le mien n’étoit pas le vrai, quoiqu’il y ressemble beaucoup ; je penche à croire avec vous que c’est une variété de l’Arvense, & je vous avoue que j’en trouve plusieurs dans le Species, dont les phrases ne suffisent point pour me donner des différences spécifiques bien claires. Voilà, ce me semble, un défaut que n’auroit jamais la méthode que j’imagine, parce qu’on auroit toujours un objet fixe & réel de comparaison, sur lequel on pourroit aisément assigner les différences.

Parmi les plantes dont je vous ai précédemment envoyé la liste, j’en ai omis une dont Linnaeus n’a pas marqué la patrie & que j’ai trouvée a Pila, c’est le Rubia peregrina ; je ne sais si vous l’avez aussi remarquée ; elle n’est pas absolument rare. dans la Savoye & dans le Dauphiné.

Je suis ici dans un grand embarras pour le transport de mon bagage, consistant en grande partie dans un attirail de botanique. J’ai sur-tout dans des papiers épars un grand nombre de plantes séches en assez mauvais ordre & communes pour la plupart, mais dont cependant quelques-unes sont plus curieuses ; mais je n’ai ni le tems ni le courage de les trier, puisque ce travail me devient désormais inutile. Avant de jetter au feu tout ce fatras de paperasses, j’ai voulu prendre la liberté de vous en parler à tout hasard ; & si vous